Aubierisons-nous

Dominique  Aubier

La connaissance de l’Universel

Aubierisons-nous

Par François-Marie Michaut
Médecin

Une ligne de force a conduit à la création du site que vous faites exister en le lisant depuis vingt ans. Le constat initial, aux temps premiers du Réseau des réseaux ( web), a été que, malgré sa mine florissante, ses rodomontades et ses prodiges admirables, notre médecine est profondément malade. D’où l’idée formulée ici de méta-médecine pour parler de la médecine – à inventer – de la médecine elle-même. Une piste pour y accéder a été utilisée. En rupture avec la démarche scientifique analytique et expérimentale dominante depuis Descartes, s’occuper en priorité des mécanismes des systèmes interactifs déterminant ce qui est dit santé ou maladie. Autrement dit sortir des seules causalités linéaires expliquant tout, pour adopter une vision des systèmes structurant notre réalité. Systémique, le gros mot (1), mis en avant par l’Ecole de Palo Alto dans les années 1970, est lancé. Systémique médicale (2), même. Silence embarrassé des lecteurs ne sachant pas vraiment ce que cela veut bien dire. Rien de plus humain. Longue période d’exploration du lanceur de ce qui n’est encore qu’une idée. Maquis des sciences de la vie, jungle des sciences de l’homme, hermétisme des sciences dures : une base de données planétaire technologiquement accessible à tous. Mega data par empilation inexploitable, finalement plus producteur de confusion que de connaissances inédites. Cloisons étanches entre les sciences, enfermées dans leurs disciplines, aussi incapables de se comprendre les unes les autres que le furent, dit-on, les constructeurs de la tour de Babel. Sans se laisser freiner par leurs étiquettes et nos préjugés,c’est du côté des frontières des savoirs accumulés depuis toujours par l’humanité qu’il faut chercher pour pouvoir jouer aux contrebandiers ou aux forces spéciales de nos cerveaux anesthésiés par les technosciences.

Voici pourquoi les lecteurs ont été conviés ici-même à un tel voyage de l’esprit. D’une part dans le domaine des sciences biologiques, avec la LEM 1049 Antonio Damasio, Un Ordre du vivant ? (2). D’autre part dans le domaine extrême de la cosmologie présenté par Christophe Galfard, avec la LEM 1051 Exploration du savoir (3). Sans oublier, bien antérieurement, avec le livre Physique de la Conscience de Philippe Guillemant (LEM 968)(4). Trois guides à la compétence scientifique indiscutable qui conduisent vers un même point par trois voies différentes, c’est un faisceau d’indices intriguant. Un principe d’unité, un ordre, est hautement soupçonné derrière tout ce qui nous entoure et nous constitue. Schématiquement pour nos trois auteurs : l’homéostasie du vivant, l’univers à six dimensions de la physique fondamentale et la conscience comme une forme majeure d’énergie, celle de l’information. La frontière de la pensée scientifique est atteinte. C’est le mur de Berlin infranchissable pour la pensée rationaliste matérialiste. Tant pis pour les barbelés et les miradors, pas question d’en rester là. La nécessité d’interroger les productions de l’intelligence humaine sur ce qu’il y a, ou ce qu’il n’y a pas, au delà de ce rideau de fer se fait insistante. Le champ scientifiquement interdit de la métaphysique est à ouvrir sans se prendre les pieds dans le tapis des philosophies et des croyances.

Reste, là encore, pour ne pas s’égarer dans des voies sans issue, comme c’est si souvent et si douloureusement arrivé au cours de l’histoire humaine, à trouver le guide compétent. Voici son nom de femme de l’ombre et de femme de lettre : Dominique Aubier (5) Comment vérifier sa compétence ? En la testant directement dans le domaine qui nous est familier : celui de la connaissance médicale la plus difficile d’accès pour les étudiants. La neurologie et le cerveau. Le cortex, avec ses six couches, exactement comme le réel de la théorie des cordes.
Son ouvrage dominant : La Face Cachée du Cerveau, en deux volumes (6).
Lecture difficile, exigeante, dérangeante au delà de ce chacun peut imaginer. Oui, il y a du pain sur la planche, avec des incursions dans toutes les grandes traditions des cultures du globe, juste pour déterminer la crédibilité et la pertinence du propos. Alors, à chacun de jauger le sérieux de la thèse en scrutant à la loupe ce qu’elle utilise de la science médicale la plus classique de la fin du siècle dernier. Cette dame nous convie à la recherche d’un modèle unique, d’une structure des plus complexes qui fait que les choses sont ce qu’elles sont, admirablement coordonnées entre elles et non allant on ne sait pourquoi dans n’importe quel sens.

Alors ce cerveau, qu’est-ce que c’est ? Le cerveau humain, le votre, le mien. Sa face cachée ? D’être fabriqué selon le même plus plan sophistiqué que tout ce qui existe. Modèle absolu affirme Aubier, au risque de donner des boutons à notre sensibilité contemporaine. Démonstration à suivre au plus près, ce qui oblige le lecteur à aller sur un terrain inhabituel. Celui qui est encore en nous avec le monde flou des symboles. Avec ce que ce visionnaire solitaire de Karl Jung a perçu, sans pouvoir l’expliquer, comme notre inconscient collectif et nos archétypes.
Comprenons bien qu’en tant que médecins, nous sommes les seuls du côté de la science et de la rationalité à disposer du passe partout intellectuel pour pouvoir entrer pleinement dans l’univers de La Face Cachée du Cerveau. Première vraie rencontre entre les sciences et les traditions de toutes nos cultures. Notre responsabilité vis à vis de la collectivité, et bien au delà de notre pays et de nos personnes, est lourde. La paresse n’est pas de mise, les idéologies molles marchandisées sans vergogne sont disqualifiées.

Il est possible que ce livre vous tombe des mains tant il cherche à aller au fond des choses, que vous maudissiez l’étrangeté dérangeante de cet enseignement hors norme, les références constantes à la tradition ésotérique hébraïque comme aux grandes spiritualités de la culture planétaire. Fermez-le. Laissez décanter aussi longtemps que vous voulez. Installez-vous bien et lisez à nouveau. Sans vous presser, pour que la digestion puisse se faire. C’est cela, en dehors et au delà de tout contexte religieux, institutionnel, sectaire ou groupal, que signifie « s’Aubieriser» .

Qu’il y adhère on non, personne ne peut sortir indemne d’un tel bain d’intelligence

5 février 2018

Previous

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Panier
  • Aucun produit dans le panier.