Supplices et suppliques de la belle orthographe

Dominique  Aubier

La connaissance de l’Universel

Supplices et suppliques de la belle orthographe

Plusieurs personnes qui viennent de lire Le Pouvoir de la Rose me font remarquer sans acrimonie mais avec surprise que j’ai commis une faute d’orthographe en écrivant en hébreu le nom de l’archange Métatron. Je m’attendais à cette observation. J’aurais pu aller au devant d’elle et justifier mon initiative avant qu’elle ne fasse l’objet d’une critique. Métatron n’a-t-il pas voulu de la parade ? Il aura sans doute aimé qu’une chronique soit consacrée à son nom dans les annales modernes de la Kabbale. J’éprouve une certaine jubilation à la fournir. Donc j’ai écrit Métatron comme ceci :

et non comme cela

Le supposé délit porte sur la troisième lettre, Teit succédant à un Teit selon l’orthographe fixée par les Talmudistes au traité Sanhédrin (38b). Dans la formule que j’ai privilégiée, ce second Teit devient un Tav. La prononciation n’en souffre pas : de t à t, le son ne change pas. Toutefois, l’écriture est modifiée et avec elle, le sens qu’apporte la lettre, ainsi que la charge numérique que ce changement entraîne. Ainsi, le nom de Metatron pourvu du jumelage Teit vaut 314. Avec un Teit et un Tav, la somme devient 705. Cette valeur a l’avantage de renvoyer au verbe boire : Schin, Tav, Hé qui, à lui seul, indique la permission d’absorber comme dans Genèse 44, 5, verset impliquant la coupe dans laquelle mon maître boit. Cette coupe ne peut qu’être le Modèle Absolu ? celle du Maître YHWH? dont l’alphabet hébraïque mime le système fonctionnel. Les archétypes soutenant ce système ont été individualisés dans La Face cachée du Cerveau, empruntés au classification des traditions, décrits au plus près de leur détermination corticale. Ce compte rendu s’est effectué dans un langage analogique, confrontant les constantes du cerveau aux critères des traditions qui leur ressemblent. Le discours est explicatif mais conserve de solides accointances avec l’aspect concret des choses dévoilées, afin que soit aisément évoquée la référence structurelle qui, dans l’organe de référence qu’est le cerveau doué de parole, sert de socle à l’archétype. Il faut apporter ces faits de connaissance si l’on veut comprendre, d’une part, que le nom de Metatron ait été mesuré par 314 à l’aune talmudiste et que, d’autre part, il puisse l’être aujourd’hui par un 705 facilement « buvable », parce que la coupe est pleine, la coupe du cycle de la révélation et qu’il n’y a plus qu’à la vider. Sans perdre la tête…

 

I
Considérations indispensables

Certains auteurs attribuent l’apparition de Métatron à Henoch, l’homme parfait qu’Elohim a retiré du monde et qui devint, sous le nom de Métatron, le plus grand des archanges, dixit Charles Mopsik, p. 55 (Les grands textes de la Cabale). Je ne partage pas cette façon de voir, telle qu’elle se révèle au ras des mots. Il me semble inconcevable qu’une créature humaine puisse devenir une entité spirituelle appartenant à l’état systémique du plérôme dans ce qui est pour nous l’Invisible. En revanche, j’admets sans peine l’existence d’une liaison fonctionnelle entre les deux, et même qu’elle puisse être parfaite, la puissance d’instruction venant évidemment des émanations dont Métatron est le grand gestionnaire. Tout le problème est d’y voir clair dans ce que désigne ce nom. Deux orthographes différentes s’affrontent, l’une d’origine talmudique et à ce titre irréprochable, l’autre m’étant due, ce qui la soumet à caution. Quelle serait l’irrégularité ? Elle réside dans le fait qu’un Tav d’ambition messianique ait pris la place du second Teit qui écrit talmudiquement le nom de l’archange.

De Teit à Tav, la relation phonique s’établit sur la dentale mais la relation de sens se grave sur un parcours évolutif. Teit est la neuvième lettre sur la séquence des glyphes dont les valeurs numériques sont tributaires de l’unité. Tav est la vingt-deuxième lettre du même édifice, dont elle termine l’élan constructeur. Sa valeur est de l’ordre des centaines.

9 pour Teit, au neuvième échelon; 400 pour Tav au vingt-deuxième.

Regardons l’arbre alphabétique :

Entre les deux, douze étages ce qui, au minimum, implique un espace évolutif important, possiblement distribué sur deux sous-unités de chacune six couches, espace complexe travaillé par l’énergie sur les deux côtés de l’unité, la droite et la gauche. La droite à droite est porteuse des signes qualitatifs qui s’élèvent de Yod à Tav. La gauche, elle, comporte cinq phases finales, d’essence quantitative, balisées par les valeurs 500, 600, 700, 800 et 900, visiblement les plus fortes, à l’intérieur de l’unité cyclique dont l’alphabet décalque les savantes dynamiques. Impossible de considérer l’arbre que les lettres écrivent en s’édifiant dans l’ordre chronologique de leur ascension sans constater (que cela plaise ou non) que la montée s’arrête à gauche bien avant que la fin ne soit atteinte à droite. Il y va d’un intervalle bien marqué, jalonné par quatre lettres, Qof, Reisch, Schin, Tav.

A moins d’être aveugle, on ne peut éviter d’observer que l’immobilisation de l’activité localisée à gauche se produit après qu’ait été gravé le Tzadé final, valeur 900. Le Stop est un archétype remarquable, il a son lieu d’exécution. Il couronne le Tzadé final, comme le ferait la trace d’une énergie disparue. Le système de vérité, le système Alef, veut en effet qu’à ce niveau, ni avant ni après, l’énergie cesse d’animer la branche quantitative et se déporte sur la branche qualitative en consacrant toutes ses forces à l’activation rapide et surévolutive de ce site, qui est celui de la révision cyclique et de la relance spirituelle.

Fort de cette représentation, revenons au nom de Métatron écrit avec deux fois Teit, l’un poussant l’autre, à moins qu’un bégaiement sur la dentale ait produit cette répétition. Prenons le nom de Métatron comme la solidification humainement verbale d’une émanation informationnelle s’étant écoulée au travers d’une structure d’essence corticale de dimension miniature puisqu’elle suscite un simple nom. Il a trois syllabes. Ses trois phonèmes témoignent d’une résolution évolutive, par là où trois effets concrets forment le tout visible. Répartition analogable sur la règle des trois niveaux d’organisation dont le graphe du Schin fournit l’image de synthèse.

Dans cette représentation, le premier Teit de Métatron écrit à la talmudique est à sa place. Sa vertu ontologique est de figurer, par sa courbe enveloppante, la formation accomplie d’un symbole. L’alphabet le fait voir, appuyé sur la structure corticale à six couches qui est sous-jacente à ses dynamismes. Le cerveau est un organe évolutif. Il faut se représenter les premiers mouvements qui l’ont ébranlé, au gré de l’influx ambulant.

L’information a été inoculée en Alef, dans la structure Beit, dans sa substance neuronique, Guimel. Cette métabolisation s’est produite en couche I. Là, l’énergie l’a propulsée vers le haut, en passant par la porte Dalet. (Couche I, premier niveau d’organisation.) La lettre Hé, qui vaut 5, reçoit alors cette énergie et lui offre d’utiliser son principe de dualité gauche-droite.

Le symbole se forme progressivement dans l’espace balisé Hé, Zaïn, Vav, Heth. Ces quatre lettres décrivent des phases de concrétisation, Hé, Vav en étant les paramètres actifs : Hé figure la droite et la gauche, Vav mesure l’intégralité de leur évolution dans cette partie du Tout. Zaïn et Heth apportent les critères fonctionnels sans lesquels l’opérativité locale ne serait pas achevée. Succès et triomphe avec le Zaïn, Passage du pont avec le Heth. Ces phénomènes se produisent dans la première moitié du cycle alphabétique. (Par référence au cortex qui en est le support, on dira qu’ils logent dans les couches II et III.) Le symbole radicalise alors le premier traitement gauche-droite de l’information initiale. Le Teit prend ces résultats en charge, confère à leur ensemble l’individualité d’un acquis défini. Celui qui maîtrise la symbolique des lettres ne s’y trompe pas. Le Teit est la forme concluante du deuxième niveau d’organisation

Qu’arrive-t-il alors ?

L’influx ambulant apparaît, acteur principal du passage. Il transporte non pas le symbole en tant qu’effet constitué mais les valeurs systématisées qui définissent le symbole. Il a pris sur sa carte-puce tous les renseignements codifiés qui cryptent la singularité du message ayant atteint le degré de la floraison. Il est facile de s’en rendre compte. Il suffit de penser à la structure corticale sous jacente à l’alphabet. Sa couche III, lieu sélectif du Teit et du symbole, ne va pas se détacher de l’organe dont elle est une partie active pour s’implanter dans la suivante, la couche IVa. Le symbole figuré par le Teit ne s’arrache pas à son lieu de naissance. L’énergie ambulante a pris note de toutes ses singularités et c’est elle qui introduit en couche IVa cette information, produit travaillé de celle inoculée en couche I. Ces considérations suffisent à alerter l’esprit initié quand il voit le nom de Métatron écrit avec deux fois Teit, comme on le sait. Par qui ? Par d’astucieux talmudistes, bien incapables de croire que l’étape symbolique se déménage comme un mobil-home. S’ils ont donné un second Teit à l’écriture du vocable Métatron, c’est pour manifester quelque chose. Quelque chose qui ne peut impliquer l’invraisemblable déplacement d’une phase organique. Elle reste accrochée à son espace structurel, lequel peut s’effacer longtemps après avoir servi, non s’en aller remplir un autre nid. Énigme ? C’est possible. Les talmudistes ont l’art de présenter des anomalies qui pincent la curiosité. Ceux qui ont rédigé le traité Sanhédrin savaient parfaitement qu’ils occupaient l’espace symbolique, qu’ils agissaient en deuxième niveau d’organisation et qu’à ce titre, ils étaient les habitants d’un Teit. Leur propre position dans le cycle de la Révélation était celle d’un Teit. D’un Teit appartenant au cycle dévolu à l’instruction de l’humanité. Quelques millénaires !

II
Les enjeux de l’explicite

Entraîner la conscience planétaire à prendre note de ses latitudes et longitude évolutives n’est pas une sinécure. Notre culture ne sait toujours pas le faire. Comme le penseur de Rodin, elle a du mal à s’extirper du bloc d’ignorance qui la maintient enfoncée dans l’animalité. Mais acceptons que les commentateurs talmudiques aient eu assez de sagacité pour faire du deuxième Teit de Métatron l’indicatif de leur position historique. L’équation Métatron s’appuie alors sur deux fois Teit et du fait du poids de chacune de ses lettres, pèse 314.

Métatron, en orthographe talmudique, s’écrit

Mem + Teit + Teit + Reisch + Vav + Noun, soit 40+9+9+200+6+50=314

Cette valeur est aussi celle de l’Immanence Chadaï :

300(Schin) + 4(Daleth) + 10(Yod) = 314

Fort bien. Mais que signifie Chadaï ? C’est le nom de l’Immanence qui ordonne d’arrêter les frais. Assez fait. Stop. Sinon, il y aura lieu de recourir à la violence (de la racine Chadad, saccager, désoler, détruire dévaster). Il faut se reporter à la structure Rosch et au système qui gouverne sa démarche pour rencontrer le site où la voix toute puissante de Chadaï avertit qu’en cet endroit l’activité doit ralentir et même finir, si l’on veut éviter le désastre. Daï signifie suffisamment et l’entité qui fournit cette estimation est tout juste le système du Verbe dont la lettre Schin est l’emblème. Chadaï désigne l’impératif systémique voulant que les choses ne soient pas augmentées au delà d’une certaine abondance acquise. Cette mesure restrictive s’adresse à la production matérielle, quantitative, lorsqu’elle a atteint son maximum d’entropie (pour le dire en termes scientifiques). L’effet de pléthore auquel ne rien ajouter est balisé dans l’alphabet par le Tzadé final, valeur numérique 900. Il suffit d’ailleurs de regarder l’alphabet quand il est dressé en forme d’arbre à deux branches pour voir, à l’Œil nu, que l’élan constructeur s’immobilise au niveau de la dix-huitième lettre, côté gauche. Côté droit, la dynamique ne s’interrompt pas, donnant naissance aux quatre dernières lettres Qof, Reisch, Schin, Tav. L’énergie monte.

La voix de Chadaï résonne dans les parages du Tzadé final. Elle rappelle la règle normative qui affecte le fonctionnement de l’unité, dont le côté industrieux ne doit pas dépasser le dix-huitième étage. Quand son nom s’écrit avec deux fois Teit, Métatron représente cette Immanence. Il possède alors la puissance archétypale du Stop. Mais qu’est-ce lui reconnaître ? Un attribut ou son essence ?

Métatron est un archange associé au Tétragramme. Il en est le secrétaire de direction, si l’on peut se permettre cette comparaison, le gestionnaire systémique du Tout. Chadaï n’est qu’épisodiquement une phase de ce Tout. On ne peut s’y tromper. Les textes kabbalistiques fourmillent d’allusions dirigeant l’attention vers cette fonction supérieure. Dans son livre Moïse l’Hébreu, A.D. GRAD, en érudit exalté, cite avec passion, page 132, les grands titres qui font de Métatron une entité angélique d’exception. Prince de la Face divine (le Sar ha-Panim), Prince du Monde, Émanation de la Cause Suprême, Corps de la She’khinah (résidence divine), Scribe céleste à l’Alphabet primordial, Petit YHWH, manifestation universelle du grand YHWH, grand Archonte de l’Univers (selon une formule judéo-araméeenne d’exorcisme utilisée au VI ième siècle en Babylonie). Monsieur Grad ne s’entend-il pas célébrer l’unicité du génie Métatron ? Il l’associe à la primauté du Tétragramme mais au moment de décider de l’identité de cette force systémique ? celle unique et dominante de l’aire du langage au sein du Rosch primordial ? il oublie ce qu’il vient de transcrire et sans trembler, sans hésiter, sans se poser la moindre question, conclut : Métatron ? 314, c’est à dire Shaddaï, en tant que transcendance en acte.

Qu’un acte de transcendance soit le propre de l’Immanence Chadaï, qui peut en douter quand on connaît la règle du Stop ? Mais que Métatron limite ses pouvoirs à cette mesure, voilà qui ne va pas de soi, puisqu’il est le Prince de la Structure Absolue. Il ne va pas cesser d’être cette puissance directrice parce qu’il surveille l’endroit où la règle systémique proclame la nécessité d’arrêter. Je l’imagine, au contraire, tout excité à l’idée de voir l’énergie cosmique s’élever, monter au-dessus de ce plafond et faire survenir plus haut la vision de l’Absolu dont il est le Surveillant général. S’il est bien cette puissance, que fera-t-il ? Il facilitera la sortie de la Connaissance par la porte du Tav, même si toutes les sottises humaines en ont bloqué l’ouverture. Métatron dictera la solution salvatrice à l’initié qu’il tient sous sa coupe. Alors, son Nom pourra arborer le Tav du miracle qu’il aura suscité. Événement datable. Nous sommes en train de le vivre, en ce jour même. Mais en dehors de cette circonstance, Métatron se sera établi dans la totalité de ses potentiels. Son Nom s’écrira en orthographe messianique.

Il existe une autre moyen d’élucider la raison qui a valu à son nom de prendre un deuxième Teit à l’époque où les talmudistes assumaient les émanations cosmiques dans l’aire de réception cyclique propice au symbolisme. Ce deuxième Teit comporte une pointe de coquinerie. C’est un clin d’Œil qui s’adresse au kabbaliste qui viendra plus tard dans le temps, hériter d’un surcroît de révélation, quand le cycle aura déserté ses savanes symboliques pour pénétrer activement dans les complications des étapes réalistes.

Le redoublement du Teit se justifiait en l’an 1000, en tant qu’indice de la qualité du moment. Au regard du fonctionnement évolutif en cycle, il balisait une étape. Pour savoir laquelle, il faut interroger la manière dont l’énergie passe de la première instance à la seconde dans l’unité structurelle. Et pour cela se souvenir du feuilletage cortical qui s’est naturellement déposé, disposé en deux fois trois couches. Bip, la première instance, avec les couches I, II et III. BOP la seconde qui s’édifie sur les couches profondes IV, V et VI. Quand elle passe de Bip en BOP, l’énergie Yod transporte ce que le Teit lui a appris et le décharge dans la couche IVa. Or, le Teit (localisable en couche III) renferme le symbole issu de l’information insérée en couche I. Est-ce dire que le symbole se recompose tel quel en couche IV ? Placer un deuxième Teit après le premier reviendrait à inclure le symbole dans sa forme Teit en un lieu qui n’est plus le sien. Le 9 se recaserait en 20, en quelque sorte… Le classement des lettres n’est pas d’accord, simplement consulté sur ses chiffres. C’est le souvenir du symbole et de ses éléments expressifs que l’énergie transporte, le contenu informationnel qui s’est développé par la mise en forme symbolique, non cette forme dans sa dureté de naissance.

Ces faits, je les comprends par appui concret sur le Modèle Absolu dont le cortex doué de parole fournit la représentation. La Face cachée du Cerveau en en livre les paramètres, sous la forme d’un Code des archétypes. La référence fonctionnelle est déterminante pour savoir comment s’écrit le nom de Métatron. En fonction du son ” t “, il admettra deux orthographes différentes, l’une pour le Bip, Teit, l’autre pour le BOP, Tav. A mon avis, aujourd’hui, il faut un Tav à la place du second Teit, de manière à évacuer l’étape historique largement dépassée où le symbolique restait de règle. (La difficulté sera d’en convaincre ceux qui s’embourbent dans les stagnations d’une telle survivance). D’autant qu’en ce moment de fin cyclique, les esprits doivent retrouver les critères de la vérité éternelle. Procédure systémique évidente, liée à l’acte de monter qui opère après que Chadaï ait donné l’ordre d’arrêter le chaotique quantitatif.

Ces concepts sont déconcertants quand on n’en a pas l’usage. Ils sont simples à manipuler quand on en a pris l’habitude. Le plus sage est de les adopter en passant par les deux étapes stratégiques qui soutiennent l’étude. Apprendre le Code sous sa forme expérimentale, telle qu’elle s’évacue dans La Face cachée du Cerveau, afin d’être prêt à prendre référence sur l’alphabet hébraïque, en ce qu’il est le Code à l’état pur. Ce Code est alors, très exactement, celui qui préside à la formation des mots et des noms en hébreu. On peut lui demander d’éclairer le 314 qui renvoie à Chadaï, alors que l’entité dite Métatron représente le Tétragramme. Retrouve-t-on la liaison avec cette Toute Puissance systémique lorsqu’on remplace le second Teit de Métatron par un Tav ? Dans ce cas, la valeur numérique du nom Métatron n’est plus 314 mais 705. Qui peut être lu comme ceci:

 

Le sens ?
Voire la dualité et la boire.

Métatron veille à ce que le Hé soit bien compris et c’est logique puisque cette même lettre Hé qui vaut 5 intervient à deux reprises dans le Tétragamme. Si Métatron conduit les esprits de manière à ce qu’ils puissent briquer le Modèle Absolu et faire briller en lui les entités angéliques qui y agissent, il surveille nécessairement la réception intellectuelle de la dualité, chez les initiés d’abord. Ignorer la dualité, méconnaître le Hé, telle est la cause de la grande pagaïe qui sévit actuellement sur notre culture occidentale, persuadée d’être seule à pouvoir penser le réel. La pensée unique nie le Hé. Mais la valeur 314 qui connote l’acte transcendantal de Chadaï n’a pas de Hé.

314 n’implique pas le Hé. Par ailleurs 3 + 1 + 4 = 8 qui chiffre la lettre Heth. C’est aussi celle que fait apparaître la somme guématrique de YHWH, 26. 2 + 6 = 8. C’est l’endroit du pont, là où l’énergie doit s’élever vers les hauteurs où se reconstitue la vérité éternelle. Le passage du pont constitue une procédure évolutive, dite aussi descente au labyrinthe. Son parcours se situe entre le Tzadé final et le Qof. Le Tétragramme, lui, domine toutes les positions évolutives, celle du Pont n’étant que l’une d’elles. Métatron écrit avec un Tav a pour somme numérique 705. Or cette valeur ramenée à 7 + 5 donne 12. Deux fois 6. Voilà qui renvoie au Tout structural, aux six couches de l’unité, tant à droite qu’à gauche. Compatible avec le système dont le Tétragramme est la clé absolue. Aussitôt, le 12 (1 + 2) se résout en un 3 de conclusion qui se raccorde au Guimel, désignant la cytoarchitectonie de la substance corticale, en tant que site matériel où voyagent l’énergie, la pensée, la culture. Le 8 issu de la somme guématrique de 314 désigne un passage au labyrinthe intérieur au cycle que surveille Métatron, dans l’actualité : le cycle civilisateur dont nous sommes à vivre les spasmes de terminaison. Le 8 qui ressort de la somme guématrique de YHWH vise une toute autre opération, celle qui ferait l’Univers se réinventer lui-même une suite.

Ces jeux d’orthographe portant sur le nom Métatron réfèrent au cycle civilisateur qui passe actuellement par le conflit USA-Europe, en ce jour même où des manifestations contre la guerre animent plus de six cent villes, dans le monde. C’est que le Tav est admissible, désormais, comme signe honnête et compétent pour écrire le nom de la puissance qui nous fait vivre et penser. (Tous les initiés sont sous la coupe de ce Maître-initiateur des valeurs-clés du Sacré.) Retenir le Tav comme significatif d’arrivée messianique implique un acte de lucidité. Un jugement sur le moment que nous sommes à vivre dans le monde. Une vérification s’impose, de pure technicité kabbalistique. Il faut procéder à un certain arpentage, de manière à être certain que le Tav ouvre bien sa porte. Tav vaut 400 et par le 4 se trouve relié au Mem qui vaut 40 ainsi qu’au Daleth qui vaut 4. Apparaît alors la lignée évolutive des 4, unité, dizaine, centaine. Un processus précis passe par elle, marqueur d’ouverture. Pauvre et faible au niveau Dalet, forte au niveau du Mem, puissante en fin d’itinéraire. Le chemin évolutif ainsi balisé qui a pour thème la porte, l’ouverture, la sortie. Nous serions heureux si Métatron acceptait que son nom s’écrive enfin avec un Tav. La porte s’ouvrirait à l’avenir. A deux battants. Celui de la pensée scientifique. Celui de la sagesse kabbalistique.

Une raison systémique de plus ? à valeur de preuve par 9, mais l’on retombe toujours sur les mêmes conclusions ? indique de ne pas accepter comme définitive l’orthographe de Métatron comportant un Teit en première syllabe et un autre au début de la seconde. La notion de Redoublement s’y oppose, mimant la division en deux instances de l’unité évolutive, Bip BOP. L’information qui pénètre en Bip dans l’unité verbale Métatron est un Mem, valeur numérique 40. Ce n’est pas un Dalet, valeur 4. Si c’était un Dalet (comme conduit à le découvrir la somme 314 analysée lettriquement), Détatron serait le nom intelligible de l’entité systémique qui assure l’instruction des lois du système dont le Tétragramme est la clé. On serait par là induit à considérer que l’archange en question commence son travail. Mais ce travail ne devient perceptible qu’en seconde instance. D’ailleurs, c’est à l’époque talmudique et non avant que l’identification de Métatron s’est imposée comme acte de conscience. Le fait que le nom Métatron commence par un Mem fait entendre que la situation évolutive où son identité devient perceptible est celle que balise le Mem dans la séquence à trois nivaux du 4. Dans cette compréhension, établie sur la nature structurelle de l’unité et sur son système fonctionnel, l’avenir en BOP, signifié par la seconde syllabe de Métatron, ne peut qu’être envisagé par le signe Tav, valeur 400.

Les Kabbalistes traditionnels ont eu le souci de signifier leur position dans le corpus de la pensée symbolique et c’est pour satisfaire à cette prudence qu’ils ont placé le second Teit à l’endroit où le Tav restait en attente d’avenir. Ils ont raisonné en fonction de la séquence 4-40-400. Le 40 étant aux commandes du nom Métatron, ils ne pouvaient pas, sauf erreur de logique, passer de Bip en BOP en négligeant la nature de l’information initiale, puisque c’est elle qui est réinvestie, par le truchement du symbole, dans l’espace couche IVa de l’enceinte BOP. Dès lors que le 40 était au pilotage du Bip, ils ne pouvaient que pousser le 400 en BOP.

Ce sont là les éléments qui déterminent ma pensée, laquelle n’est pas fondée sur la seule numérologie et sa mathématique, mais sur l’ingénierie structurelle et sur le système de vérité, le système Alef dont la séquence alphabétique livre les secrets. Et ces secrets sont ceux de la vie. De là qu’il soit si important de les maîtriser. La technicité des calculs finit toujours par recouper des situations vivantes. Et c’est une chance, vraiment, que l’hébreu, comme langue, offre la perfection de son réseau de concepts, ainsi que la force vibratoire de ses mots-clés, la loquacité expressive de son écriture. L’orthographe s’y révèle mimétique des idées qui habitent les mots et les circonstances dont ils sont la clé. La Bible donne maints exemples de ce mode d’expression : Jacob s’écrit tantôt avec un Vav tantôt sans cette lettre. Tout un rapport de situation se fait lire dans l’absence ou la présence de ce glyphe. Raison pour laquelle la Thora ne supporte pas la moindre faute d’orthographe. L’erreur d’écriture induit une déformation conceptuelle, laquelle fausse l’esprit de l’événement en cause.

Un écrivain scripturairement habile peut fort bien se servir de cette possibilité d’expression pour dire ce qu’il veut dire quand il écrit des textes en toute liberté. C’est la solution kabbalistique idéale. Les talmudistes l’ont utilisée. 

III
Du droit messianique de critiquer

Mais l’écrivain moderne A.D. Grad ne s’en est pas rendu compte. Sur les trois paramètres qu’offre chaque lettre de l’alphabet, il n’a retenu que le Nombre. C’est amputer l’expressivité du système de sa puissance graphique et de force directement parlante. C’est agir en esprit occidentalisé qui a pris le pli de la linéarité. Il ne lit plus en volume comme l’exige le système de l’alphabet. En vain mentionne-t-il la mécanique primordiale du parler de Moïse. Il n’en manipule qu’une soupape, sans voir que cette restriction fait que la motricité de l’ensemble est coulée. De là qu’il puisse extorquer à Rachi une confirmation que le grand commentateur de la Bible et du Talmud ne lui donne pas.

Se référant au verset XXIV, 1, du livre de l’Exode, le Talmud affirme que Métatron manifeste Shadaï quand YHWH dit à Moïse: Monte vers l’Éternel. Certes, certes, puisqu’il s’agit de monter vers ce qui est éternel dans le dispositif alphabétique du système de vérité. Monter en direction des quatre lettres haut perchées qui établissent la vérité éternelle : Qof, Reisch, Schin, Tav. Monter parce qu’il y a lieu de gravir quatre étages de plus. Monter après que le Stop ait été marqué sur le Tzadé final, privilège notoire de Chadaï. De là à croire que tout s’arrête et que Métatron n’a plus rien à dire, il y a tout juste l’effet de l’ignorance. On ne saurait en accuser ni les Talmudistes qui ont rédigé le traité Sanhédrin, ni Rachi. Et c’est une fois de plus le lecteur occidentalisé qui dans A.D. Grad voit une confirmation de son point de vue erroné dans une manière de dire qui n’autorise aucunement cette extrapolation.

Nos Maîtres ont dit : c’est le Métatron dont le Nom est le même que celui de Son Maître. (Le Maître, c’est YHWH). Un point sépare une phrase de l’autre. La suivante apporte une précision secondaire par rapport à celle qui a établi le statut de Métatron. Il est dit alors par Rachi, en continuité logique avec ce qui précède que Le mot Metatron totalise la même valeur numérique que le mot Shadaï. Manière d’attester le pouvoir qu’a Métatron de maîtriser toutes les phases du système au regard des Immanences qui en sont les agents.

Rachi vient de nommer le Maître. Mais le Maître, c’est le Nom imprononçable, Schem ha mephorasch, Yod, Hé, Vav, Hé. Ce n’est pas Chadaï, dont la puissance est localisable à l’intérieur du système dont le Tétragramme gouverne l’unité. Rachi ne confond pas les deux puissances. Il faut se défier de ses façons très rigoureuses de s’exprimer.

Cela ne veut pas dire qu’il ait refusé l’orthographe extrêmement habile, voire malicieuse qui accorde deux fois le Teit au nom de Métatron. En fin connaisseur du sens symbolique des glyphes, le grand sage de Troyes aura admis, comme nombre d’autre autorités, que cette orthographe soit convenable pour indiquer, par le second Teit, non pas l’essence de Métatron, mais leur propre position humaine dans le contexte culturel d’une phase de pensée toute attachée encore à l’expression symbolique, au Niv 2.

Tout kabbaliste véritablement compétent sait qu’il y a quatre niveaux d’organisation repérables dans une structure d’essence corticale, et donc, une fois pour toutes, dans le Modèle Absolu. Il sait que le vocable Pardès en fournit les signes par ses quatre lettres, Pé, Reisch, Dalet, Samekh. Où l’on voit l’étape symbolique achevée en Teit correspondre au deuxième niveau d’organisation surnommé Reisch.

Pourquoi Reisch ? Parce que la sous-unité qui exhibe le symbole est un cerveau à part entière. Raison pour laquelle il est impossible d’atteindre le sens d’un symbole si l’on n’utilise pas le modèle Rosch et son système pour en faire l’inventaire. On aperçoit là l’intérêt que les psychanalyses trouveront dans la technicité de la pensée kabbalistique pour lire à coup sûr les symboles dans les histoires que leur racontent leurs patients. Une grande puissance thérapeutique se dégage du décryptage. Même richesse de méthode pour les ethnologues. Ils sauront décrypter les symboliques des traditions qu’ils étudient sans compter l’intérêt que tout peuple et toute culture pourra puiser en elle-même, en acceptant si je puis dire de passer de Teit à Tav car la translation est exemplaire. Elle devrait manŒuvrer la prise de conscience que toute religion doit effectuer pour écrire pleinement son message dans l’évidence de la raison partagée.

Toutes choses, bien sûr, qu’un kabbaliste de bonne trempe sait par cŒur. Celui qui les ignore ne peut pas se dire kabbaliste. Il lui manque tout juste le savoir qui fait le professionnel. Ce savoir a nettement fait défaut à monsieur A.D. Grad. Ne le possédant pas, il n’a pas pu lire le texte de Rachi en fonction des critères qui ont motivé la rigueur de ses termes et de leur syntaxe. L’auteur de Moise l’hébreu a lu linéairement deux phrases qui ont été pensées en volume. Il n’a pas restitué leur exacte force d’expression aux dires du grand commentateur de la Bible et du Talmud qu’a été Salomon ben Isaac, dit Rachi, dont la compréhension magistrale de la doctrine était celle de son époque: 1040-1105. La pensée la plus libérée qui soit, la sienne, n’en restait pas moins tributaire encore des modalités d’expression symboliques. C’était le reconnaître que se placer à l’ombre du second Teit, quand on écrivait le nom de Métatron, tout en sachant que cet archange représentait le Tétragramme. Son apparentement à Chadaï par le 314 de la valeur numérique était une manière de sanctionner sa place dans le devenir non encore vécu de la totalité cyclique. Pour être simple, je dirai qu’en écrivant le nom de Métatron avec un second Teit, les kabbalistes de ces hautes époques ont voulu montrer qu’ils étaient conscients de leur implantation temporelle dans l’histoire et le cycle de la révélation. En acceptant cette orthographe, ils ont adressé à Métatron ? le Boss céleste d’Israël pratiquement ? une sorte de prière comme s’ils avaient envoyé à cette entité angélique un télégramme ainsi conçu : « instructions reçues cinq sur cinq dans le cadre de notre localisation en Niv2. »

J’imagine que Metatron qui est toute intelligence du Verbe, serviteur le plus proche de YHVH.

a agréé cette superbe prise de conscience et qu’il a accepté d’être nommé provisoirement par un nom exprimant le caractère passager que les initiés pouvaient avoir de sa puissance qui est celle de l’aire du langage dans l’hémisphère invisible du Rosch dont l’Univers est la moitié visible. Les mêmes compétences câbleraient aujourd’hui un tout autre texte. « Impossible arrêter évolution pernicieuse. Prière passer outre et aller droit à YHWH. » Ce qui paraîtrait bien abscons aux journalistes qui nous racontent ce qui arrive, sans savoir rien de ce qui se passe. Les événements actuels sont dramatiquement troublants. Il ne serait pas impossible d’en extraire le sens. Encore faut-il être équipé des instruments nécessaires. Quant à les manipuler avec le brio d’un héros d’art martial, à quoi bon s’il n’y a pas de partenaire ? Mais celui qui veut se doter de ce kung fu mental peut le faire. Pour accéder facilement à la logique de ces raisonnements, commencer par La Face cachée du Cerveau et L’Ordre cosmique. Et pour se doter de plus de facilités encore, lire Catalina ou la Bonaventure dite aux Français. Cette préparation est indispensable. Étape propitiatoire qui peut être entreprise dès à présent, en attendant que les mêmes critères soient exposés une seconde fois dans la perspective du langage de l’Absolu. L’Essence du Sens, que je suis en train d’écrire s’y emploiera. Trois volumes. Le premier a pour sous titre Le Système des systèmes, l’alphabet hébraïque, le deuxième Le Triomphe du Temps (la réussite de Métatron) et le troisième La Haute Kabbale de l’Éternité (avenir, programme et merveilles). Se préparer à en jouir.

Dominique aubier

 

 

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