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J'apprécie énormément Peter Gester




Il a l'intelligence droite, la pénétration aiguë, l'ironie amusée, cruelle et compatissante pour fustiger la sottise, un tendre romantisme envers les choses du réel, et une impatience qui en fait une horloge pour la pensée. Quand il arrête un échange d'idées, c'est que la mesure d'intelligibilité est atteinte et qu'il est inutile de la dépasser. Adjugé. Il se lève alors en homme d'action. Je ne l'ai jamais vu se mettre debout sans que cela ne corresponde à une ponctuation profonde de sa raison. C'est un psychologue hors pair qui allie le savoir scientifique à l'expérience pudique des états de l'être, à l'intérieur d'une vision systémique si proche de la synthèse qu'une heure d'explication a suffi pour le convaincre de la trouver dans l'alphabet hébraïque. Sa capacité d'adhésion m'a éblouie, quand j'ai assisté, de visu, à la rotation de son intellect, embobinant à toute vitesse ce qui lui manquait pour achever de comprendre. Que la vérité absolue soit dite en hébreu, sa première réception culturelle étant le privilège du peuple juif, je le lui ai révélé il y a huit ans. La Face cachée du Cerveau était arrivée sur sa table, apportée par des mains amicales. Il m'avait aussitôt demandé de venir présenter le système Rosch à Heidelberg dans le cadre de l'Institut où il travaille, influent et subtil promoteur des initiatives qui fouettent l'esprit. Il avait réuni les personnes les mieux préparées à concevoir l'existence d'un système des systèmes supérieur à celui dont ils avaient l'usage, en étant déjà des praticiens avertis de cette manière globale d'organiser toute représentation de faits. A cet égard, l'alphabet hébraïque est un outil superbe, d'une précision, d'une labilité et d'une commodité indépassables. Sa symbolique correctement assumée fournit le tableau exquis du fondement ontologique. J'ai donc eu l'honneur d'en exposer la logique, dès 1995, en montrant son efficacité au sein de quelques structurations devant un public choisi formé de spécialistes qu'intéressaient surtout les maladies mentales et leur thérapeutique. Je fus assaillie de questions foudroyantes qui percutaient en moi la réponse toute prête, donnée par le système de vérité. Peter Gester observa certainement cette relation. Il mit fin à la séance par une conclusion qui fut, à mes yeux, la preuve de sa lucidité en même temps que le flash de son âme :

    * Je n'aurai de cesse que ce système soit connu en Allemagne.

Mon assistant qui est alsacien et dont le père adoptif n'a plus jamais franchi le pont de Kehl après la guerre dit souvent que le comportement de Peter Gester a réhabilité en lui l'Allemagne, effaçant tous les problèmes qui auraient pu survivre à la fatalité du nazisme. Cet homme a pris en charge l'honneur de son pays. Reconnaître le système de pensée hébraïque comme le point le plus haut auquel la conscience humaine puisse se suspendre, le défendre, l'enseigner, le faire comprendre n'est pas seulement un acte philosophique qui fasse dignité intellectuelle pour tout chercheur de vérité. C'est aussi, dans le cas spécifique de l'Allemagne, la seule forme de réparation qui n'en demande pas d'autres.

Il a tenu parole et c'est peu dire. Il a tout organisé pour que La Face cachée du Cerveau paraisse en traduction allemande, édité par des êtres capable d'en soutenir la cause, et c'est en prévision de la sortie de ces deux volumes formant un seul livre qu'il nous a fait inviter au Symposium Eine Rose.

Dominique Aubier in : Le Pouvoir de la Rose, page 117




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